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QUINZAMBOUGOU

Un village au Burkina Faso

Un projet de développement depuis plus de 20 ans

Le développement du village de Quinzambougou au Burkina Faso est un des projets emblématiques du CASH depuis plus de 20 ans. Parti du forage d’un puits en 1999 financé par le CASH, le village s’était engagé à développer des activités maraîchères et d’élevage afin de s’autonomiser au fil du temps.


Depuis, le village a développé de nombreuses initiatives qui permettent d’en tirer une expérience réelle. Mené par une association de villageois, et financé par les associations françaises Althémis et Cash-Solidarité, ce projet concerne sur place 500 à 600 personnes si on ne compte que les habitants.


En 2020, tous les projets ont été impactés par la Covid-19 et un contexte géopolitique tendu (on rappelle que le sahel compte plus de 2 millions de déplacés interne suite à l’insécurité dont plus de la moitié sont au Burkina). C’est pourquoi l’aide actuelle apportée par le CASH et ses donateurs se concentre sur de l’aide –notamment alimentaire- d’urgence.


En attendant que la situation s’apaise, il faut néanmoins souligner tous les projets ayant abouti jusqu’en 2019, témoignant d’une coopération riche entre les villageois et les associations françaises.

UN PROJET MULTIPLE

L'EAU

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Le puits lors de son inauguration en 1999

Foré en 1999, le puits, d’une capacité de 18m3 / heure a dû passer par de nombreux aléas qu’il faut connaître avant d’entreprendre un projet (voir évaluation pour en savoir plus). En effet, avant d'entreprendre d'autres actions de développement, il est essentiel de disposer d'une source approvisionnée en eau potable.

Ce premier puits a permis un développement rapide d'autres actions (intensification de l'agriculture, de l'élevage...) et dès 2011, un nouveau système a été mis en place avec l’achat d’une pompe immergée solaire, augmentant considérablement le débit du forage. L’objectif demeure le développement de toutes les activités professionnelles et un meilleur approvisionnement de la population en eau potable, pour tous les habitants de la région. L’adjonction de trois bornes fontaines permettra l’alimentation en eau quotidienne de 600 personnes et l’approvisionnement des activités de production : séchage des mangues, fabrication de soumbala, élevage, jardinage.

En terme de quantités, on estime la distribution d'eau à 2,95 millions litres en 2019 et un peu plus de 2,5 millions en 2020.

 

En emplois directs, on obtient 1 gérant des bornes fontaines et 3 personnes œuvrant en tant que pousse-poussiers. 

Ce qu'il faut retenir au sujet de la distribution d'eau potable au Burkina Faso, c'est que l'offre sera toujours inférieure à la demande. Actuellement, grâce à la pompe et aux améliorations apportées par petites touches, ce sont des milliers de personnes qui bénéficient d'une eau assainie, à prix abordable.
 

LES MANGUES

Les mangues sont un des fruits des plus consommés en Afrique de l'Ouest. Dans ce village burkinabé, la mangue est consommée et/ou vendue sous toutes ses formes et les déchets réutilisés au maximum.

Une grande partie de la production, grâce aux sécheuses (financées en partie par le CASH en partie par l'association du Village) est transformée en mangues séchées. Se conservant sous vide, celles-ci sont prisées un peu partout au Burkina et même en Europe. Sur place, ce sont les cultivateurs du village, mais aussi ceux des alentours qui peuvent vendre leurs fruits pour les traiter optimisant ainsi les installations.

En chiffres : 5,2 tonnes ont été produites et vendues en 2019. En emplois directs, on compte 25 personnes et aujourd'hui, 5 fours à fruits sont en route.

Le reste de la production est soit consommé frais, soit revendu à une entreprise locale qui fabrique des jus, l'avantage étant l'utilisation de tous les fruits, même ceux n'ayant pas des formes "classiques". 

Toutefois, du fait d’un changement récent des normes internationales sur le commerce de la mangue, des séchoirs de type "tunnel" devront être financés pour permettre de mieux ventiler et de répartir le séchage sur l’ensemble des fruits. Or les banques africaines ne souhaitent pas prêter pour des projets de ce type. Les fonds ne sont donc pas disponibles et il existe de surcroît un besoin de crédits important pour développer d'autres transformations des mangues, comme les confitures.

Ainsi, le principal défi actuel est le passage à la certification bio, qui se traduit par l'achat de machines homologuées aux normes HACCP. En effet, aucune mangue n'est traitée par des engrais chimiques, les mangues étaient "bio" de fait. On observe que dans ce village et autour : écologistes par nécessité de répondre au bio et d’accroître les ventes, les agriculteurs le sont ensuite devenus par conviction. 

Le maintien de la certification est conditionné par le non usage des pesticides et de produits chimiques. 

Poumon de l'économie de Quinzambougou, la mangue est donc une ressource stratégique et indispensable au développement de la région et ses alentours.

En 2020, en raison de la pandémie mondiale, plus de 2 tonnes de mangues ont été perdues (avarie de stockage). Les magasins de dépôt vente risquent également de demander aux villageois de reprendre leurs mangues, n’arrivant pas à écouler les stocks. Un autre risque encouru est de perdre des clients (aucune commande des clients en France n’ayant été honorée par exemple).
L’insécurité qui s’étend au Burkina est également préoccupante pour cette activité du village. Les agriculteurs ne peuvent plus se déplacer aussi loin qu’auparavant, craignant des enlèvements, attaques, vols…

 

LES DIVERSES RÉCOLTES

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Le soumbala : de l'arbre au séchage

Les arachides et condiments constituent une autre richesse de Quinzambougou : noix de cajou, soumbala et cacahuètes sont autant de denrées prisées par les villageois que vendues dans tout le pays. Séchées puis mises sous vide, les quantités produites sont importantes :

 En 2019, la production permettait 15 emplois directs et la production avoisinait 1,05 tonne. 

 

Dans ce secteur également, la production reste inférieure à la demande. Pour tous ces produits, les quantités commercialisées sont importantes et ont nécessité l’achat d’un tracteur avec remorque en 2015 et d’un camion en 2019.

Tout comme pour les mangues, l’année 2020 a été particulièrement difficile. Toutefois, les résultats obtenus jusqu’en 2019 étaient encourageants.


Le CASH et Althémis ont également pour projet d’investir dans une presse à Karité, qui permettra de produire du beurre à grande échelle et de bonne qualité. Cet investissement provisionné et prévu depuis quelques années n’a pas encore pu se réaliser.
Comme précédemment évoqué, l’insécurité a réduit le périmètre des zones d’intervention du tracteur et le camion n’opère que les livraisons de proximité, réduisant le nombre d’emplois directs.

 

LE BÉTAIL, LA BANQUE VIVANTE

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Culture attelée

Le bétail, composé principalement de bœufs et de moutons permet aux habitants de capitaliser leurs économies, avec la création d'une banque vivante. A plusieurs, les villageois investissent dans du bétail et se partagent la revente des produits des animaux (lait, laine, vente des petits...). Grâce au CASH et Althémis, une étable est construite en 2018 et permet d’éviter dorénavant les décès d’animaux dus à l'humidité en saison des pluies (décès d'environ 15% des ovins/bovins avant l'étable).

En 2019, on compte 14 bœufs et 25 ovins.

 

En 2020, l’effet de la crise sanitaire et l’instabilité du pays s’est fait particulièrement sentir : les habitants ont vendu leur bétail et «récupéré» leurs économies pour faire face à leurs besoins. De plus, les risques de s’éloigner du village étant avérés, les animaux ne pouvaient plus autant pâturer. Le troupeau a donc été réduit à 9 bovins et 5 ovins.

LES MICROCRÉDITS

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Différents bénéficiaires de microcrédits

 

Le recours aux micro-crédits est fréquent pour développer des micro-projets portés par les habitants. Le principal intérêt est de favoriser l’entrepreneuriat, l'artisanat et les activités individuelles d’élevage par le prêt de petites sommes sans taux d'intérêt (ou très faible).

Et ça marche ! Les échéanciers de remboursement sont bien respectés et le taux de recouvrement est optimal.  Les intérêts d’emprunt, les cotisations des adhérents et les résultats des activités collectives permettent de renforcer les fonds alloués.

Clé de voûte du développement initié dans ce village, cet outil a été repensé à partir de 2008. Autrefois de 39€ par personne et par micro-crédit, ce système était peu utilisé par les villageois. Un seuil susceptible d’imprimer une véritable impulsion au développement des activités individuelles était requis. Ainsi, avec des prêts d'environ 400€ par micro-crédits, des projets d'ampleur ont pu voir le jour tels que :

  • beaucoup d’activités saisonnières,

  • l’achat de taurillons pour l’embouche bovine,

  • le stockage de graines pour la production du condiment soumbala … et bien d'autres projets.

 

En 2019, 4 groupes de 5 personnes ont bénéficié de ces micro-crédits.

En 2020, deux groupes supplémentaires ont bénéficié de ces micro-crédits, mais 4 groupes sur 6 ont des difficultés de remboursement. Les activités commerciales sont en souffrance (due en partie au périmètre de déplacement réduit).